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Savez-vous ce que vous pensiez lorsque vous aviez entre 3 et 6 ans ?

J’ai souvent entendu, en plusieurs occasions, des anecdotes que livraient les mamans à propos de leurs enfants. Des anecdotes plutôt cocasses et marrantes dont elles s’étonnaient. Je pensais qu’en tant que maman, on avait tendance à plonger un peu son nez dans des bouquins pour bébés, jeunes enfants afin de mieux les comprendre et donc de mieux les gérer. Et bien, on dirait que ce n’est pas forcément une généralité pour la plupart des mamans. C’est ainsi que j’ai décidé de vous parler d’un épisode assez étrange et marrant que, moi mais aussi vous, avez forcément vécu sans vous le rappeler lorsque vous aviez entre environ 3 et 6 ans.

Il faut savoir qu’à l’âge d’environ 3 ans, l’enfant ne ressent plus le besoin d’avoir une continuité relationnelle avec sa maman et il passe d’une relation fusionnelle à une autonomie partielle. Il commence à savoir nommer les objets et les personnes et il peut décider de nouer des liens avec autrui … ou non. Il commence également à se confronter aux normes sociales, il développe ses relations intra et extra familiales, il commence à aller à l’école, il réussit à avoir une relation avec un adulte partagée avec l’émergence de l’intelligence symbolique (capacité d’évoquer des objets ou des situations non perçues actuellement en se servant de signes ou de symboles = en gros, l’enfant imagine).

C’est aussi à ce moment que l’enfant devient curieux (et chiant). Il s’intéresse à TOUT, décrit les objets et essaie de comprendre leurs fonctions. Il pose beaucoup de questions et sur tout ! C’est à travers ses questions que l’enfant fait ses premières tentatives pour comprendre le monde, il passe à une activité mentale plus élaborée. L’enfant va acquérir les rythmes de la vie, les phénomènes de répétition. On l’introduit dans le temps avec la mise en place des heures pour le sommeil, les repas, les siestes. On lui apprend à mieux supporter l’attente en l’intégrant dans la temporalité et en lui expliquant par exemple que la petite aiguille de l’horloge doit encore faire un tour par exemple. Cela lui permet également d’éprouver le plaisir de l’anticipation. Il va s’intéresser aussi à ses origines, sur l’origine de la vie et donc de la sienne et se mettra donc à poser des tas de questions (auxquelles il est souvent difficile de répondre simplement) et il se mettra même à inventer des théories telles que la fécondation par la bouche (entre autres).

Sigmund Freud.

L’enfant va atteindre le stade phallique selon les théories de la psychanalyse de Freud. C’est à dire que l’enfant va être tourmenter par la présence ou non de pénis. Il va se mettre à découvrir une nouvelle zone érogène qui est l’urètre et va ainsi ressentir un plaisir qui sera double : celui la miction (aller faire pipi) et celui de la rétention (réussir à se retenir).

On arrive à un moment de la vie de l’enfant où il possède une réelle curiosité sexuelle infantile. C’est un comportement classique chez l’enfant, il s’intéresse à la différence anatomique des sexes, à la nudité mais aussi aux activités liées ! Il va prendre conscience de la différence des sexes et cela va être source d’angoisse. « Pourquoi l’autre n’en a pas ? Vais-je le perdre ? ». Cela en est tellement angoissant que l’enfant va préférer entrer dans un certain déni (aussi bien chez la fille que chez le garçon). Pour le petit garçon, il nie la castration et selon lui, sa mère a également un pénis. La petite fille, elle, a envie d’avoir un pénis et s’imagine avoir une poussée ultérieure de son clitoris et se met ainsi à adopter des attitudes d’ambition phallique.

Le garçon peut ressentir une angoisse de castration qui est d’autant plus massive car il possède déjà un pénis. En effet, il pense d’ailleurs que les petites filles n’en ont pas car elles ont été puni, il pense ainsi que cette situation peut lui arriver. De ce fait, il va se mettre à arborer fièrement son pénis dans diverses scènes et devant les gens.

La petite fille aimerait avoir un pénis et rend responsable sa mère de cette absence. Elle en profite pour se rapprocher de son père qui lui en a un. Petit à petit, elle va abandonner son désir de posséder un pénis et va vouloir en contrepartie un enfant de son père (oui, oui, tout cela est du fantasmatique inconscient). Elle élit son père comme objet d’amour et développe même une certaine agressivité envers sa mère car cette dernière a la faveur du père.

Ce stade phallique précède justement la problématique oedipienne. Mais qu’est ce que le complexe d’Oedipe ?!

Le complexe d’Oedipe n’est rien d’autre que le point nodal qui structure le groupe familial et la société humaine toute entière avec la prohibition de l’inceste et du parricide (tuer l’un de ses parents en gros). C’est un moment fondateur de la vie psychique à rôle crucial dans la constitution du Surmoi (qui est une sorte de « gendarme intérieur » qui régule vos pulsions).

Pour faire beaucoup plus simple que cette phrase précédente, le complexe d’Oedipe se résume à un fantasme incestueux à l’égard du parent du sexe opposé ainsi qu’à une rivalité, jalousie envers le parent de même sexe. L’enfant s’engage ainsi dans un triangle affectif.

A tout cela s’ajoute une histoire qui nous a été donné à travers la plume de Sophocle et que Freud lui même nous a décrit. Prenez votre pot de pop-corn, voici l’histoire …

Oedipe et le Sphinx, Gustave Moreau, 1864.

« Laïos, roi de Thèbes, est marié à la reine Jocaste. Ils apprennent par un prophète qui leur dira : « Votre enfant, plus tard, tuera son père et épousera sa mère ». Ils décident de percer les pieds de l’enfant et demande  à un de leur serviteur de conduire l’enfant dans le désert et de le tuer. Le serviteur ne peut pas s’y résoudre et abandonne l’enfant pensant que les bêtes sauvages le mangeront, l’enfant est sauvé par des bergers et recueilli par un roi et une reine qui ne connaissent rien de ces origines. Œdipe grandit et devient un jeune homme, il décide de voyager à travers le monde. Sans le savoir, il traverse le royaume de son père. Il se heurte à un vieillard et s’ensuit une dispute. Œdipe tue ce vieillard, c’était son père Laïos.

Œdipe poursuit son chemin et découvre que ce royaume est menacé par un Sphinx qui dévore quiconque ne résout pas son énigme, celui qui résout l’énigme sauvera la ville. Œdipe rencontre le Sphinx et résout l’énigme suivante : « Qui a 4 pieds le matin, 2 le midi et 3 le soir ? », la réponse étant l’Homme. Il vaincu ainsi le Sphinx. Les habitants de Thèbes très reconnaissants et pour le remercier lui offre la reine en mariage, Œdipe épouse en fait sa mère.

La ville est de ce fait en proie à une malédiction et un oracle en révèle la cause : c’est l’inceste d’Œdipe et de Jocaste. Œdipe se crève alors les yeux, Jocaste, sa mère, se pend et Œdipe quitte la ville guidé par sa fille Antigone. »

Durant ce complexe d’Oedipe, le petit garçon est un peu perdu car il s’identifie à son père en le considérant comme un modèle à imiter. Mais parallèlement, il investit sa mère dans l’objet d’amour. Son père lui barre le chemin envers cet objet d’amour et l’enfant développe une hostilité en transformant son père en un rival tout en restant pour lui un modèle à imiter.

La petite fille change d’objet libidinal et a toujours le même but : celui de renoncer au pénis mais de chercher chez son père un dédommagement sous forme d’un enfant.

A un moment donné, il y a un déclin. Les enfants renoncent progressivement à posséder l’objet libidinal sous la pression de l’angoisse de castration chez le petit garçon et par la peur de perdre sa mère chez la petite fille.

Sur le plan identificatoire, c’est le début de la prévalence de l’être sur l’avoir mais aussi l’intériorisation des interdits parentaux avec la prohibition de l’inceste et la mise en place du Surmoi donc.

En dépassant le complexe d’Oedipe, l’enfant se retrouve mieux assuré dans son identité et il peut s’ouvrir à la socialisation avec ses premiers pas à l’école. L’enfant se met à sortir de la relation duelle avec sa mère. Ce complexe marquant l’apogée de la sexualité infantile amorce son effacement temporaire. On a une période de latence propice à l’apprentissage avec l’école et le retour de la sexualité se fera à la puberté.

Alors, vous auriez imaginé que vous pensiez tout ça inconsciemment à cet âge là ? Vous ne regarderez plus vos petits frères ou petites soeurs de la même façon désormais ! 😉

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Article non exhaustif inspiré d’un cours dispensé en Faculté.
Photo creditSukanto Debnath / Foter / CC BY
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Catégories :Réflexions
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